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Le Fonds en action

Les Bibliothèques mobiles de Ouagadougou

Témoignage de M. Sylvain Froidevaux, août 2008 (Visiteurs avec une connexion à l'Internet à haut debit peuvent voir le documentaire réalisé par M. Froidevaux en cliquant ce lien)
Bibliothèque volant, Burkina Faso

Le 9 mars 2008, à Ouagadougou (Burkina Faso), fut inauguré le nouveau local-bibliothèque de l'Association Aprocol, financé par le Fonds 1% pour le Développement de Genève. La cérémonie se déroula devant un parterre d'invités, dont faisaient partie, notamment, Monsieur Simon Compaoré, maire de Ouagadougou, et Mme Bernadette Sanou Dao, Directrice générale du Centre de Recherche, des Innovations Educatives et de la Formation, au Ministère de l'Enseignement de Base et de l'Alphabétisation, également marraine de l'association. J'étais moi-même présent à cet événement en tant que superviseur du projet et représentant pour l'occasion du Fonds 1%.

La cérémonie, entrecoupée de sketches humoristiques des comédiens burkinabés de « Gombo.com », fut suivie par bonne centaine de personnes, enfants des écoles concernées par le projet et habitants du quartier de Samandin, où se trouve la nouvelle bibliothèque, venus en voisins participer aux festivités.

Lors de son discours d'inauguration, M. Paul Nana, président de l'association Aprocol, précisa que le local inauguré ce jour-là faisait partie d'un projet plus global nommé « Bibliothèques mobiles ». Ce projet, financé grâce à l'aide du Fonds 1%, à hauteur de 3'860'000 francs CFA (~9'900.- frs suisses) est né dans la continuité des activités qu'Aprocol mène depuis 7 ans à Ouagadougou dans le domaine de la promotion de la lecture auprès des enfants des quartiers défavorisés.

Forte d'une vingtaine de membres actifs, l'association Aprocol est née en 2001 (1) sur la base d'un constat : le désintérêt pour la lecture, en particulier chez les enfants burkinabés en âge de scolarité, conjugué avec la difficulté d'accès aux livres, dans un pays qui compte un revenu par habitant parmi les plus bas de la planète. Le livre est, au Burkina Faso, un produit de luxe pour de nombreuses familles. C'est ainsi que l'association Aprocol s'engagea, d'entente avec les institutions scolaires, dans la mise en place de concours de lectures et de sorties culturelles au cours desquelles étaient promues les connaissances livresques. D'année en année, l'association développa ses activités, aidée ponctuellement par des organismes comme le Centre culturel français, la Fondation Raoul Follereau, le Mouvement ATD Quart Monde, l'Association des parents d'élèves ou le Ministère de l'Enseignement de Base et de l'Alphabétisation.

Enfants se servant d'une bibliothèque volant, Burkina Faso

A l'origine plus spécifiquement du projet des « bibliothèques mobiles », commença la récupération, en Suisse et en France, de livres d'occasion au profit de l'association. Dès lors qu'elle eut à sa disposition un petit stock de livres pour enfants, Aprocol pris contact avec des écoles de quartier pour organiser un service de prêt aux élèves, selon le principe de l'abonnement. L'idée originale du projet était d'aller au devant des élèves en leur mettant à disposition des livres adaptés à leurs goûts, au lieu d'attendre qu'ils viennent par eux-mêmes les demander.

Les animateurs se rendent ainsi chaque semaine, tout au long de la période scolaire, dans les établissements scolaires disposés à les accueillir, munis d'un carton contenant un choix varié de livres. Les enfants abonnés à ce système peuvent ainsi emprunter chaque semaine un nouvel ouvrage, à condition qu'ils aient rapporté celui emprunté précédemment. Le dévouement et la persévérance de ses membres, en particulier de son président Paul Nana, a permis à l'association de perdurer dans ses différentes activités sans recevoir d'aide importante ou de subvention régulière, jusqu'à l'intervention du Fonds 1%.

L'actuel projet des « Bibliothèques mobiles » soutenu par le Fonds 1% pour le Développement de Genève consiste donc à renforcer le modèle de prêt mis en place par Aprocol à l'intention des élèves des quartiers défavorisés de Ouagadougou, en élargissant son réseau à de nouvelles écoles, en offrant une meilleure formation pédagogique aux animateurs et en instaurant un système de parrainage destinée prioritairement aux élèves défavorisés en difficulté de lecture. Il fut alors mis au budget du projet des « Bibliothèques mobiles » l'achat de nouveaux livres, privilégiant les auteurs et les éditeurs africains, en même temps que la construction d'un local d'entreposage des livres, garantissant une bonne gestion du stock et entretien optimal des ouvrages. Désormais, ce local existe et fait même office de petite bibliothèque de quartier où les enfants peuvent venir consulter les livres librement, dès lors qu'ils viennent durant les heures d'ouverture. Il est devenu un lieu de lecture agréable qui apporte quelque chose de plus au quartier et dont on peut imaginer qu'il devienne dans un avenir proche un lieu de rencontre, une sorte de petit centre culturel, à disposition des jeunes pour des réunions d'études ou des conférences.

Les dépenses en matière d'infrastructure furent complétées par l'achat de six vélos et d'une moto devant faciliter les déplacements des animateurs dans les écoles et, surtout, la fabrication de deux petites charrettes, spécialement fabriquées, véritables bibliothèques ambulantes qui, arrimées aux vélos, permettent un déplacement rapide et écologique, tout en offrant une large palette d'ouvrages aux élèves.

Maintenant que la formation des animateurs est accomplie (2), il reste à l'association à élargir son réseau de prêt et à développer le parrainage des enfants en difficulté de lecture, ceux-là même qui sont issus des familles les plus défavorisées, dont les parents sont souvent réticents vis-à-vis de l'école et qui, de surcroît, comprennent mal la nécessité d'une lecture régulière à la maison en dehors des leçons données en classe. L'enjeu et la raison d'être du projet de l'association sont de parvenir à les convaincre. La tâche est immense, mais motivante, car elle est portée par le désir d'apprendre et de partager la connaissance : c'est plus qu'une bonne raison pour continuer à encourager Aprocol et son projet.

Note :

Remerciements Mise à jour 26.8.11 par webmaster@onepercentfund.net.